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LECTURES, PROJECTIONS ET TABLE-RONDE : ECRIRE APRES – ART ET POSTMEMOIRE AU RWANDA 11/04/16

En 2015 se sont tenus à Kigali deux ateliers de la mémoire, qui ont permis à de jeunes auteurs, sous la direction d’Olivia Rosenthal et Dorcy Rugamba, de créer des œuvres originales liées à la période après le génocide. Ces ateliers ont été réalisés dans le cadre du projet « Arts et post-mémoire au Rwanda ».

Le projet Arts et postmémoire au Rwanda réunit une quinzaine d’artistes et d’auteurs qui font partie de la génération post génocide et qui ont voulu à partir d’archives s’exprimer artistiquement sur le sujet. Ce projet à pour but non pas de remplacer les images et les objets disparus mais bien d’accomplir un travail de deuil et de questionner les images manquantes. La postmémoire désigne les différents effets produits par des événements traumatisants, non sur les victimes directes, mais sur les générations suivantes, qui n’en ont parfois jamais entendu parler. Cette conscience diffuse de ce qu’ont vécu les ascendants les conduit souvent à exprimer leur quête de sens dans des productions littéraires ou artistiques. En savoir plus : https://rwandaateliermemoire.wordpress.com/

 

Voici une des productions littéraires :

D’abord, on ne remarque rien. C’est si léger au début, un peu moins qu’un frisson. Ça n’arrive pas d’un seul coup. Il y a bien quelques vieillards qui auraient été capables de signaler le phénomène. Eux peuvent le sentir dans leurs os, dans leurs chairs fanées. Ils auraient pu égrainer quelques proverbes pour annoncer le changement en cours. Eux savent deviner par de minuscules indices que la Géante va se retourner dans son sommeil, qu’elle remue doucement. Peut-être va-t-elle se réveiller. Elle soupire. Les vieux auraient pu le dire mais la vie tourne autour de leurs mains calleuses, de leurs pieds déformés et de leurs yeux remplis de cataracte en les évitant avec soin. Alors ils s’installent devant la porte de leur maison, résignés. Ils secouent la tête et se taisent.

Ils regardent les fourmis.

Extrait de Louise Mutabazi

 

Après la lecture de textes issus de ces ateliers, une table ronde proposera, en présence de plusieurs participants de ces ateliers, de réfléchir sur la manière dont les traumatismes collectifs ont des effets sur plusieurs générations et dont l’écriture littéraire peut favoriser un travail de symbolisation.

 

Les intervenants

Pierre Bayard est psychanalyste, universitaire et écrivain. C’est un fervent défenseur de la critique littéraire interventionniste qui promeut la critique engagée et non neutre. Il connaît le succès en 2007 grâce à son essai Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? (éd. de Minuit) qui tente de renouer la littérature au plus grand nombre en la désacralisant. Pierre Bayard est co-responsable du projet : Arts et postmémoire au Rwanda. Il sera le modérateur lors de cette soirée.

Soko Phay est une enseignante, chercheuse et maitre de conférences au département des arts plastiques de l’Université de Paris 8. Elle a travaillé sur de nombreux projets traitant de la mémoire au Cambodge. Originaire de ce pays, elle a notamment écrit : Cambodge, le génocide effacé dirigé par Pierre Bayard (éd. Cécile Default). Soko Phay est co-responsable du projet : Arts et postmémoire au Rwanda. 

Assumpta Mugiraneza est historienne, fondatrice et directrice du centre IRIBA situé à Kigali. Elle dirige ce centre qui abrite des archives audiovisuelles couvrant plus d’un siècle d’histoire du Rwanda et s’est donné pour mission de rendre accessibles ces archives gratuitement à tous. 

Olivia Rosenthal est écrivaine, dramaturge, romancière et professeur de littérature à l’Université de Paris 8. Elle a obtenu le prix de Wepler en 2007 pour son roman On n’est pas là pour disparaître (éd. Verticales). Elle aborde régulièrement les thèmes de l’identité, le rapport à la communauté et la construction de la mémoire dans ses oeuvres. Olivia Rosenthal fait partie de la direction artistique sur le projet Arts et postmémoire au Rwanda.

Dorcy Rugamba est écrivain, acteur et metteur en scène rwandais. Il est notamment auteur de « Marembo » aux éditions Casagrande et co-auteur la pièce Rwanda 94. Les thèmes qui lui tiennent à coeur sont le fait colonial, la mémoire et les politiques économiques . Dorcy Rugamba fait partie de la direction artistique sur le projet Arts et postmémoire au Rwanda.

INFOS PRATIQUES

Quand ? Lundi 11 avril 2016, 18:30

Où ? CEC / Maison de la Francité , salle Hèle, entrée rue Joseph II, 18 – 1000 Bruxelles

Entrée ? Gratuite

Réservation souhaitée : info@cec-ong.org ou +32 2 217 90 71

 

 

 

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